Mon flexitarisme

flexitarisme,végétarisme et végétalisme
Source : campagne Journée internationale Sans Viande, animée et relayée par International Campaigns en France depuis 2006

Aujourd'hui - 20 mars 2016 - c'est le printemps, mais aussi la 32ème édition de la journée internationale sans viande. C'est l'occasion pour moi de mettre en ligne un article que je gardais dans les cartons depuis juillet 2015 et qui concerne mon questionnement sur la consommation de produits animaux et issus des animaux. Cette réflexion a été la base de mon flexitarisme : entendez par là que je ne suis plus omnivore, mais pas encore tout à fait végétalienne -> je navigue entre végétarisme et végétalisme selon les circonstances et occasions. Oui, l'être humain est plein de contradictions et je ne déroge pas à la règle...



Après la vision du film de Shaun Monson "Earthlings" (= "Terriens" en Français), j'ai revu ma façon de consommer. Celle-ci est donc "flexible" et je suis donc rentrée dans la catégorie des "flexitariennes", terme que je ne connaissais pas du tout et qui me convient plutôt bien (je pense qu'il faut toujours privilégier, dans tous les domaines de la vie, le flexible au rigide...). Mais je ne consomme plus de chair animale : je navigue entre végétarisme et végétalisme.



Quels produits animaux et issus des animaux je consommais ? Quelles alternatives moralement acceptables existent et me conviennent ?

La viande

Même pour les animaux issus d'élevage biologique et "respectueux", il n'y a pas de consensus possible : consommer de la chair animale implique de transporter et tuer l'animal en question, ce qui est source de stress et de grande souffrance. Je pense que le transport et l'abattage industriels, par définition, ne sont pas éthiques - dignes et moraux. Consommer des produits animaux a aussi un impact énorme sur l'environnement (voir sur L214), ce qui ne correspond plus à ma démarche actuelle. D'ailleurs, j'ai plus d'impact sur l'environnement en ne mangeant pas de chair animal que de pratiquer le zéro déchet.
Boycotter la consommation de chair animale revient donc (par la même occasion) à boycotter les petits éleveurs, mais aussi :
  • tout un système ancestral d'équilibre entre environnement et élevage où la transhumance permet un entretien des zones de pâturages, 
  • les produits de la culture Française avec ses AOP, AOC, etc. je j'affectionne tant, 
  • les races d'élevage spécifiques parfois en voie de disparition (chèvres de Savoie, boeuf nacré de Gascogne, poule gasconne, oie de Toulouse, porc noir de Bigorre...) et qui laissent place à des races plus "rentables" et standardisées... 

Pourtant, ma conscience fait pencher la balance vers l'exclusion de toute chair animale... Tans pis pour tout ce qui est labellisé et les éleveurs biologiques, je buycotterai d'autres produits Français... Les alternatives seront donc vegan ou végétariennes.



Le poisson

La pêche est source de souffrance pour les poissons et de destruction des ressources marines (pêche à la palangre -> voir l'article sur "Le thon, l'excuse policée de la pêche aux requins", chalutage en eaux profondes -> signer la pétition contre le chalutage en eaux profondes, ...). Je ne trouve aucune justification à consommer ces produits : je m'abstiens donc et m'en porte pas plus mal...


Les oeufs de poule


  • L'élevage bio, de plein air et en libre parcours ne garantit pas un mode de transport et d'abattage éthique des poules pondeuses en "fin de carrière". Cette industrie élimine aussi les poussins mâles, qui sont tuées vivants au hachoir dans certains cas. Donc, il faudrait que j'arrête la consommation des oeufs et et les produits en contenant, pas facile...
  • L'alternative serait de consommer des oeufs provenant de particuliers qui gardent leurs poules et dont on connaît la fin de vie : amis, famille, voisins... malheureusement personne n'a de poules dans mon entourage. Une autre alternative et d'utiliser les substituts vegan aux oeufs de poules dans les recettes de cuisine.


Le lait

Ne plus consommer de lait implique de faire une croix sur les fromages AOC, AOP etc... Les alternatives culinaires sont simples avec l'utilisation des laits végétaux dans les recettes, cela ne devrait pas être difficile au quotidien de s'en passer, mais pour ce qui est du bon fromage...


Le miel

Je ne consomme pratiquement jamais de miel : le supprimer de mon alimentation ne me pose donc pas de problème. En consommer ainsi que les produits dérivés des ruches (cire, gelée royale, pollen...) ne me pose pas de problème de conscience (je parle des produits Français et biologiques).

Le cuir

Acheter des vêtements et accessoires vegan implique l'achat de dérivés pétro-chimiques (recyclés ou non) qui sont non biodégradables et donc pourvoyeurs de déchets (ce à quoi je n'adhère plus). On peut avoir des vêtements vegan en fibres naturelles et biologiques, mais pour ce qui est des chaussures, manteau... je n'ai rien trouvé qui me convienne.
La question est donc de savoir -> entre des chaussures plastiques ou des chaussures en cuir : quel est le choix auquel ma conscience adhère le moins ? Est-ce l'éthique animale ou l'éthique environnementale qui prime pour moi ? Je n'ai pas encore pu répondre à cette question...



Pour les matelas - oreillers - coussins

Le bourrage le plus écologique et vegan se fait avec des matériaux en fibres végétales : il faut donc boycotter les plumes, la laine etc. Pour l'instant, la question ne se pose pas car ma literie est en très bon état, mais viendra un jour ou il faudra en changer... Je pencherais plutôt pour des oreillers en cosses de céréale, d'origine Française et une couette en fibres végétales.


Pour les produits cosmétiques, de beauté et de ménage

La majorités des produits cosmétiques, de beauté et les produits ménagers sont testés sur les animaux. Je suis contre les tests sur les animaux pour des choses aussi futiles que le maquillage, les produits de beauté ou les produits ménager. Au vu des souffrance inutiles et abjectes que cela engendre, pourquoi continuer à acheter ces produits ? Je b'abstiens donc et recherche des produits ayant la mention "Vegan" ou "non testé sur les animaux" (ou d'autres labels comme "Cruelty free" ou "One voice" ...) pour les produits que j'achète si je ne les fabrique pas moi-même.


Mes nouveaux objectifs de consommation

Diminuer drastiquement ma consommation de chair animale à la maison. Dans un premier temps, je peux diminuer fortement ma consommation de produits animaux et continuer à les choisir d'après les critères suivants (qui sont ceux du mode d'élevage) :
  • viande AOP - AOC - biologique en prenant conscience que cette consommation se fait au détriment du bien-être animal (aux stades transport + abattage de la vie de l'animal) mais aussi de l'environnement. -> En fait, je n'arrive plus à manger de viande donc je n'ai pas de sensation de "manque" ou de "frustration". La vision du film Earthlings m'a aidé à reconnecter mes émotions : au lieu d'avoir juste l'émotion positive du plaisir gustatif de la chair animale, j'ai en mémoire les différentes émotions ressenties lors de la vision de ce film : colère, peine, douleur, tristesse, honte... En mettant en balance ces différentes émotions : le calcul est vite fait -> consommer de la viande ne me convient plus et rien ne la justifie à mon sens. Avec ce film et l'impact émotionnel qu'il a eu sur moi (non ce n'est pas du sentimentalisme : regardez ce film en entier et sans détourner le regard ni vous boucher les oreilles : vous comprendrez !) : j'ai compris qu'une information, pour être perçue de façon totale, devait être connectée aux émotions qu'elle provoque, sinon l'information ne reste que "factuelle". Tout le monde se doute que les abattoirs sont des lieux de souffrances et de détresses innommables pour les animaux : le savoir de façon factuelle (et dénué de toute émotion ou empathie) n'implique en rien le sujet qui reçoit l'information. Là est le problème de notre société d'ultra-consommation. Qui serait capable de tuer l'animale pour manger sa chair ? Une faible quantité de la population je pense, et pourtant la plus grande partie de la population mange de la chair animale... personne ne se sent impliqué donc tout le monde mange de la chair animale CQFD. 
  • que penser du poisson et des produits de la mer provenant d'une pêche durable et Française ? C'est comme pour la viande, je ne veux plus en consommer. Je pense que les seuls produits de la mer me convenants d'un point de vue de l'éthique environnementale sont les crabes que je pêche moi-même lors de mes vacances estivales (soit 3-4 jours dans l'année lors des grandes marées). Je verrais aux prochaines vacances si j'en consomme ou pas... Edit de mai 2016 : j'ai mangé 4 crabes durant mes vacances de mai...
  • Une exception peut-être sur la moule de bouchot Française : sa production a une empreinte écologique très faible. Est ce que j'en consommerais encore ? Non, je n'en ai plus envie et les rares fois où j'aurais pu en consommer : je ne l'ai pas fait. Après avoir lu cet article, même pour la moule de bouchot : la question de l'impact environnemental se pose... Je continue donc de m'abstenir, sans aucune difficulté.

Comment ça se passe dans ma vie quotidienne ?

Petit déjeuner vegan

Je ne prends pas de petit-déjeuner, mais changer sa routine pour un petit-déjeuner vegan est facile : il suffit de remplacer les produits laitiers par des laits végétaux.


Consommer végétarien (voir vegan lorsque cela est possible) à l'extérieur : midi et lors de sorties en restaurant

Les produits animaux dans les restaurants proviennent, sauf mention spéciale, d'élevages intensifs (auxquels je n'ai jamais adhéré), donc CQFD -> je ne consomme plus de chair animale. Je tente - selon les possibilités - de consommer végétalien en demandant une salade sans oeufs ni fromage (ou une assiette avec que de la garniture). Je consomme pourtant encore - et en toute conscience - des desserts qui contiennent des produits issus des animaux (crème anglaise, lait, oeuf, beurre, ...) car il n'y a pas de version vegan disponible là où je suis. Pour que mon flexitarisme soit viable sur le long terme, il ne faut pas que je me sente frustrée, or je le suis si je m'interdis un dessert au restaurant -> là est la limite de mon flexitarisme (mon régime alimentaire ne doit pas être une source de frustration).


Dîner à la maison végétalien > végétarien

Je fais mes plats à la maison végétaliens. Je goûte occasionnellement des plats végétariens faits par mon conjoint. Ne n'arrive pas, actuellement, à m'empêcher de picorer du fromage Français (labellisé) lorsqu'il est sous mon nez, ni m'empêcher de consommer les desserts maison de mon conjoint (avec oeuf, lait, beurre...). Cela sera ma prochaine étape.

Dîner chez des amis ?

Cela ne m'est pas encore arrivé et je ne sais pas comment je vais gérer la situation :
  • faire mon impolie en triant la viande et le poisson ? 
  • imposer à mon hôte de cuisiner végétalien ou végétarien ? 
  • être flexible et consommer ce que mon hôte a eu la gentillesse de préparer, que ce soit avec du poisson, de la viande ou des fruits de mer ? 

Cela m'est arrivée plusieurs fois et à chaque fois j'ai été très bien accueillie (ils sont cool mes amis, normal : ce sont mes amis !!) :



  • quand le dîner est préparé par mon hôte, chaque fois je me suis vue proposer une version végétarienne (bien sûr je préviens à l'avance que je ne mange pas de chair animale),
  • quand le dîner est informel et où chacun ramène quelque chose : je prépare des trucs végétaliens. C'est l'occasion de faire goûter des plats où la viande n'est pas la "pièce centrale".



Les produits cosmétiques et d'entretien

Je fais du DIY, donc je n'ai pas besoin de vérifier les étiquettes ou acheter des produits vegan. Si par hasard me venait l'aidée d'acheter un produit : je privilégierais les produits labellisés One Voice.


Les vêtements

  • Je n'achète déjà pas de fourrure - que celle-ci soit synthétique ou naturelle - je trouve ça moche,
  • Je n'achèterai plus de veste en cuir,
  • Pour le reste des vêtements : je n'achète pas de soie et hormis pour les manteaux (sauf si je trouve une alternative qui me convienne), je n'achèterais plus de laine ni autres pièces contenants des produits issus des animaux (laine, plume, duvet, etc.),
  • Pour ce qui est des chaussures, il faut que je trouve une alternative qui soit à la fois zéro déchet et vegan (si vous avez des idées : je suis preneuse...). J'ai dû racheter une paire de chaussures en urgence : elles sont en cuir et non éthiques (pas bio - pas Français) -> là c'est vraiment la galère pour trouver, surtout que je n'achète jamais de vêtements ou chaussures sur internet.

Je continuerais quoi qu'il en soit à récupérer des vêtements en bon état et qui me vont, que ceux-ci soient ou contiennent des produits issus des animaux : je tente de pratiquer le zéro déchet et ma ligne de conduite est claire : récupérer - transformer - cycler plutôt que d'acheter du neuf.




Le cas de Bob, mon bouledogue Français

J'adore mon chien et je fais tout pour qu'il soit heureux. Pourtant, avoir un animal qui consomme de la viande à la maison m'interroge : comment peut-on prendre soin et choyer son animal de compagnie en sachant que son alimentation est source de souffrance pour d'autres animaux ? Je ne me fais pas d'illusion sur la provenance de ses croquettes et de sa pâté : la viande est issue d'animaux élevés de façon intensive et transportés + abattues dans des conditions effroyables (on devrait plutôt parler de minerai de viande et de sous-produits des abattoirs : voir l'article "Qui-a-t-il dans les croquettes pour chiens" de Jérémy Anso). Nos magasins de proximité ne proposent pas d'alimentation vegan pour chien : je trouve seulement les friandises vegan dans le magasin biologique Naturalisa, c'est déjà ça...

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